Ambiance étrange de fin d’études, où on tente de travailler assez pour être diplômé en juillet — sinon c’est octobre et c’est relou. Où on envoie son préavis de fin de contrat d’appartement en priant pour ne pas être obligé d’en trouver un autre en catastrophe pour cause d’échec. Où on pense déjà à son déménagement, quelle taille de camion, où trouve-t-on des cartons, que garder, donner, jeter ; va-t-on quitter cette ville et les sept ans passés sans regrets ? Où on pense à l’année prochaine, il va falloir trouver du boulot, on s’inscrit déjà sur le site de l’ANPE pour voir s’il y a beaucoup d’annonces dans sa future région et on flippe un peu parce qu’il n’y en a aucune, mais on est encore trop loin de tout ça pour vraiment avoir peur. Quels cartons va-t-on emporter dans le nouvel appart, que va-t-on laisser chez les parents, dans l’ancienne chambre qui sert maintenant de chambre d’amis-débarras.
Ambiance de fin d’année, où les beaux jours arrivent chargés de promesses et d’angoisse, c’est bientôt fini, ça va trop vite, j’aurai jamais le temps. Enfin les coups en terrasse, il n’y a plus personne pour m’y accompagner. On commence à faire le programme de l’été, le job d’étudiant une dernière fois pour payer les vacances, le premier vrai voyage à deux, le dernier été chez les parents…

On trouve quand même le temps de mettre à jour une galerie de papiers peints moches augmentée des dons d’une copine qui a une grand-mère aux goûts assurés.