Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Trouvailles

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 1 juin 2011

Photo volée

Comme vous l’aurez sans doute compris grâce à mon précédent post, il m’arrive de récupérer des trucs dans la rue. Ainsi, un jour, en rentrant du bénévolat, j’ai avisé sur le trottoir un carton abandonné rempli de cadres de toutes les tailles. C’étaient des cadres en bois, visiblement faits main, mais assez jolis ; j’ai emporté le carton chez moi en vue de les repeindre et d’en faire quelque chose.

Tous étaient vides, sauf un, qui contenait cette photo : 


photo_ancienne_flickr.jpg

(Mon scan est atroce, en réalité la photo n’est pas rose.)

La vitre était toute sale et avait un coin cassé, mais une fois la photo extraite du cadre — au tournevis et à la pince pour enlever les pointes qui la maintenaient — elle est en parfait état.

Sur le verso de la photo, on trouve ceci :


photo_ancienne_verso_flickr.jpg


(« Fait pour mes 6 ans
23 mai 1946 »)


Au centre on distingue un tampon, sur lequel est écrit : « PHOTO DUPUIS LILLE ». Évidemment Google ne donne rien pour cette occurrence, donc ma quête de vérité — qui est cet enfant ? Pourquoi a-t-on abandonné cette photo alors que tous les autres cadres étaient vides ? Pourquoi, grands Dieux, cette coiffure ? Quel est le sens de la vie ? — s’arrêtera là.


J’aime bien ce genre d’histoire, ça exacerbe mon côté poétique-à-deux-francs. Je pense donc remettre cette photo dans son cadre, une fois nettoyé, et l’exposer au milieu des autres, pour qu’elle sorte de son oubli — et donner un petit côté kitsch à mon intérieur.

lundi 12 octobre 2009

Le Club des métiers bizarres

Cet été j’ai trouvé dans la bibliothèque de ma maman daronne un bouquin à la fois drôle, anglais, court et passionnant. Comme à mon habitude, j’ai ensuite cherché d’autres livres de cet auteur et il s’avère que bizarrement, ça ne court pas les rues.

Le livre s’appelle Le Club des métiers bizarres et l’auteur, c’est Gilbert Keith Chesterton. Alors moi, je ne connaissais pas G. K. Chesterton, et il semblerait que la plupart des libraires ne connaissent pas non plus, tant il est absent des rayonnages ; il y a au maximum un bouquin de lui à la fnac, alors que ce type en a écrit des dizaines.

Du coup, je m’étonne lorsque je lis sur la page Wikipedia de G. K. Chesterton qu’il « était un des plus importants écrivains anglais du début du XXe siècle ». Faudrait prévenir les libraires.

Brèfle, Le Club des métiers bizarres, c’est plusieurs récits qui commencent par un mystère et finissent par la découverte d’un nouveau métier bizarre. Ça ressemble à un roman policier, mené par deux personnages — le narrateur, plutôt observateur, et un vieil original — sauf qu’il n’y a pas de coupable, pas de crime d’ailleurs. Juste une expérience étrange qui s’explique par la découverte, à la fin de chaque histoire, de quelqu’un qui exerce une profession inédite, comme par exemple organisateur d’aventures ou faire-valoir dans les soirées mondaines.

C’est très drôle, très anglais, très facile à lire et extrêmement distrayant. Vous m’en direz des nouvelles.

vendredi 13 mars 2009

Je lis des trucs

Comme je ne peux plus me connecter sur Facebook (les admins de la fac ont dû bloquer l’accès, je caresse l’idée de faire grève), à la place, je lis.

Ces temps-ci j’ai déterré un vieux bouquin de Paul Auster que j’avais acheté en V.O. quand j’étais au lycée, je l’ai relu, je l’ai aimé, alors j’en ai acheté d’autres. Si vous voulez vous mettre à lire en anglais, je vous conseille Paul Auster, c’est très facile et passionnant. En plus ce type a lu Lacan, mais il n’est pas chiant pour autant.

Bref, l’autre jour je traînais encore à la fnac et je regardais ce qu’il y avait dans leur rayon livres en anglais — pas grand-chose — et j’ai choisi True tales of american life parce qu’il y avait marqué Paul Auster en gros dessus. Mais ce n’est pas écrit par Paul Auster. Voici l’histoire de ce livre : un jour, un animateur radio qui interviewe Auster lui propose de venir une fois par mois raconter des histoires à l’antenne. Auster, il n’a pas trop envie, mais il en parle à sa femme qui lui dit : « Demande aux gens d’envoyer leurs histoires et lis-les à l’antenne. » Ce qu’il fait, et il reçoit des centaines d’histoires. Il en a choisi 180 qui composent ce livre.

Les histoires sont classées par thèmes — amour, guerre, mort, rêves, objets… et racontent en peu de mots des événements, graves ou insignifiants, qui ont pris pour ceux qui les racontent un sens particulier. Il y en a qui racontent des coïncidences troublantes, des drames, des rencontres… et pour autant que je puisse en juger — je n’ai pas un niveau exceptionnel en anglais — elles sont toutes très bien écrites, dans des styles et des difficultés différents. Ce qui est étonnant, d’ailleurs, c’est que c’est souvent bien plus difficile à lire qu’Auster lui-même…

Si j’ai bien compris, ce livre n’a pas été traduit, et c’est bien dommage, ça m’aurait fait un cadeau à refourguer à pas mal d’anniversaires.

mardi 10 mars 2009

Mince, je me mets à parler comme un critique du Masque et la Plume

(Notez le titre humoristique pour bien montrer que je n’assume pas d’écrire des posts prétentieux)

J’ai pris le livre sur la table à la fnac, juste pour regarder la quatrième de couverture, et finalement je l’ai gardé. Je n’achète que des livres de poche, en général, parce que sinon ça coûte cher et que je peux toujours attendre, mais cette fois j’ai senti que ça parlait de quelque chose qui me touchait et que ça me ferait du bien de mettre des mots là-dessus. Je ne me suis pas trompée.

J’ai déjà lu deux livres d’Emmanuel Carrère, et en relisant l’Adversaire il y a quelques semaines, j’en suis arrivée à la conclusion que c’est pas mal, mais pas très bien écrit. En ouvrant celui-ci, j’ai changé d’avis : ce n’est pas écrit. On a l’impression qu’il jette les mots, qu’il ne se relit jamais, qu’il balance comme ça sans se donner trop de mal. Qu’il le fait pour lui. Pourtant il y a un gros travail derrière, de recherche, d’interview, de reconstruction : à la manière d’un analysant, et je trouve dans le style libéré d’un analysé, il reconstruit des histoires qui le touchent au plus profond de lui. Il se place dans une position de témoin, chargé de la mission de transmettre ce qu’il a vu, mais ce faisant il parle de lui, de ses peurs, de sa chance d’être enfin heureux.

Son style particulier, où on trouve presque des tics syntaxiques – des constructions de phrases particulières, qui reviennent, qui semblent involontaires et peuvent être agaçantes, comme quand quelqu’un dit tout le temps « si j’ose dire » –, ce style en est vraiment un finalement, et si ça se trouve il passe des heures sur chaque mot, peu importe, en tout cas on a l’impression de mots jetés sur le papier en toute liberté, qui semblent couler facilement, mais qui tombent juste, sans que l’auteur ait cherché à cacher derrière des fioritures ce qu’il nous montre là de plus intime et de plus cru en lui – en lui, par le biais de ces autres vies que la sienne.

Je me suis demandé au début si ce livre était médiocre ou extraordinaire, et je viens de le finir, et je peux déjà dire qu’il résonne en moi, qu’il va m’accompagner longtemps, et que ses défauts apparents sont ce qui, justement, en font un travail profondément juste, humain et touchant.

jeudi 25 septembre 2008

Je suis médaillée

Alors comme ça, j’ai reçu une médaille. Sisi, la voilà :

Et maintenant je suis censée la refiler à sept (sept !) personnes pour services rendus au blogage. Oui parce que maintenant, les blogroll ça suffit plus, plus personne les regarde les blogroll (sauf moi quand je m’ennuie, et Djoh qui entretient son pagerank) ; alors on fait dans la surenchère, on distribue des médailles, et quand plus personne ne fera attention aux médailles, qu’est-ce qu’on fera pour s’entre-refiler des visiteurs ? Je vous le donne en mille : on s’offrira des coupes, parce qu’une coupe ça se voit mieux, puis ça fait bien sur la cheminée, mais un jour plus personne n’en aura rien à faire des coupes alors on se remettra à se refiler des questionnaires.

Je plaisante, en vrai j’ai les yeux embués par l’émotion : merci Krazy Kitty.

Sans plus attendre, procédons à la cérémonie, plus vite on aura fini, plus vite on pourra aller s’empiffrer au buffet.

Pour commencer, deux blogs défunts pour endiguer un peu la propagation médaillique (non, je les mets parce qu’ils sont juste bien). C’est parti :

  • Antanagor Glouk s’espionne lui-même, le blog d’un espion maintenant disparu — j’ai entendu dire qu’il avait succombé aux charmes empoisonnés d’une tueuse ukrainienne.
  • Au Texas, tout le monde est fou sauf moi : Pasfolle racontait sa vie au Texas avec son mari et leurs enfants, et c’était drôle. Maintenant elle est divorcée à Pékin et ne donne plus beaucoup de nouvelles, mais lisez ce blog excellent. Elle m’a donné envie de me barrer aux USA avec mon mari et mes enfants, quand j’en aurai, et je compte bien le faire.
  • Le blog de Noar, prenez ça dans la face et pleurez un coup.
  • Si vous allez sur 33 décembre (ouh la pub insidieuse), vous connaissez peut-être Mais où est donc passé Jack Kerouac ? qui est écrit par un journaliste photographe : il est parti sur les pas de Jack Kerouac en refaisant le trajet du livre Sur la route (que je vous recommande aussi, tant qu’à faire).
  • Un blog en pause, mais lisez les archives et surveillez la reprise : Un oeil sur la Chine, écrit par un Français voyageur. Belles photos, textes passionnants sur la Chine qu’on ne voit pas d’ici, sans tomber dans les clichés.
  • Il est jeune, il est beau, il sent bon le sable chaud et il portera vos sacs si vous allez faire du shopping avec lui : kudos to LunaVorax, qui me fera goûter des trucs coréens bizarres la prochaine fois que je viens à Bordeaux pour me remercier de lui envoyer mes millions de visiteurs.
  • Et pour finir, Teatime trap : ramasse tes yeux.
Voilà, par contre, je n’irai pas faire de la retape en allant prévenir tous les concernés que je les ai médaillés, ils n’ont qu’à regarder leurs stats, et s’ils ne le font pas tant mieux pour eux ; pardon pour cette entorse au protocole.

- page 1 de 2